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19 décembre 2005 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1)
Discours de François Hollande, Premier Secrétaire
Chers camarades, ici, au Mans, le message de notre congrès est limpide, simple, évident : les socialistes sont désormais tous rassemblés pour servir la France.Notre congrès était attendu. Ce congrès était redouté, y compris par nous.
On nous annonçait le pire, nous avons réussi le meilleur.
Notre rendez-vous était décisif, on le sentait bien, d’abord parce que c’était le centenaire, cela crée des obligations à cet âge, ensuite parce que nous sommes à dix-huit mois d’une échéance décisive, après trois ans et demi de politiques de droite, destructrices pour la France. Enfin, le contexte nous obligeait à renouer le fil, ce contexte qui est celui d’une crise sans précédent que traverse notre pays.
Alors, notre congrès, son résultat, mais aussi son déroulement, est une bonne nouvelle. Une bonne nouvelle pour les socialistes, bien sûr, après tant de mois de débats internes qui finissaient par nous lasser et surtout qui commençaient à lasser nos électeurs. C’est une bonne nouvelle pour la gauche, qui trouve, quand nous allons bien, que nous sommes trop forts, et qui commençait, et je ne m’en plains pas, à s’inquiéter de nos propres divisions. Eh bien que la gauche soit rassurée, le Parti socialiste est uni, et c’est autour que la gauche va se rassembler. Et puis notre congrès est une bonne nouvelle pour la France, la France qui aspire au changement sans encore l’entrevoir. La France qui espère sans trop y croire l’alternance.
Nous avons répondu comme il convenait :l’unité est faite. La volonté s’est affirmée, et la vérité a été dite.
Soyez-en tous remerciés. D’abord les amis de la Sarthe et du Mans, Jean-Claude Boulard, le maire, Patrick Delpech, le Premier secrétaire de la fédération, ce succès, nous vous le devons, car l’accueil compte beaucoup, l’hospitalité aussi, et la météo nous a servi. Elle aussi était de bonne humeur.
Remercier également les délégations étrangères qui nous retournaient cette belle formule internationaliste : « Socialistes de France, unissez-vous. » Nous l’avons fait. Et puis remercier les délégués du congrès pour votre attitude tout au long de ces trois jours qui a fait souffler un esprit de rassemblement sur la commission des résolutions.
Je sais que notre synthèse n’allait pas de soi, qu’elle faisait débat au sein de chaque sensibilité, qu’elle pouvait se faire, et c’était le risque, dans la confusion, l’artifice, le faux-semblant.
Alors, pour nous, cette synthèse n’est pas la conclusion d’un moment, une habileté de langage ou d’écriture, un compromis savant qui ne durerait pas huit jours. Non. Cette synthèse, c’est un processus, c’est une dynamique, c’est une force, c’est une action en mouvement, c’est cette synthèse qui va permettre maintenant de changer la donne.
Si les socialistes ont rendu possible cette synthèse, c’est parce qu’ils ont tous fait l’effort et qu’ils doivent en être fiers. D’abord, dans la motion majoritaire, qui aurait pu considérer qu’elle avait toute liberté pour diriger le parti dans le respect du vote, mais qui a su comprendre que 55% de socialistes, c’est bien, mais 100% de socialistes, c’est mieux.
Et puis, les amis des autres motions qui auraient pu s’incliner sans rien céder de leurs convictions en attendant des jours meilleurs, c’est-à-dire des jours pires pour nous tous, et qui ont regardé au-delà de cette enceinte, au-delà de leurs propres intérêts, au-delà de leur propre sensibilité, et qui comme les amis de la motion 1, ont voulu s’adresser à tous ceux qui ne sont pas là, c’est-à-dire d’abord aux Français, à ceux qui espèrent en nous, qui attendent de nous, qui veulent une gauche forte, et qui attendent un Parti socialiste uni. Nous l’avons fait.
Chers camarades, vous n’avez pas, en faisant ce vote servi simplement votre parti, vous avez servi la politique, parce que moi je suis fier d’être dans un parti avec des sensibilités, et pas seulement des personnalités, un parti qui sait ouvrir le débat. Mais je le dis aussi, en prenant une formule bien ancienne, d’un camarade qui n’était pas socialiste mais qui était quand même un camarade : « Il faut à un moment savoir terminer un débat. » Terminer le débat dans la cohésion et dans le respect.
C’est ce rassemblement aujourd’hui qui nous permet de dépasser ce qui nous a séparés, le oui, le non, sans rien renier les uns ou les autres de nos convictions, sans rien oublier non plus du vote qui était intervenu au sein de notre parti, sans rien occulter non plus du vote prononcé par le pays, et qui nous amène aujourd’hui ensemble à regarder vers l’avenir, et non pas à nous tourner de manière rituelle, insupportable, vers le passé. Le seul mois de mai qui nous intéresse aujourd’hui, c’est le mois de mai 2007, pas le mois de mai 2005.
Voilà le mois de mai qu’il faut réussir ensemble.
Notre rassemblement doit effacer les amertumes, il y en a. Les blessures, il y en a eu, les mots inutiles, trop nombreux dans notre famille politique. Et les comportements, nous ne les oublierons pas, mais ils ne sont plus d’actualité. Le temps de la confrontation entre socialistes est fini.
Ce qui doit aujourd’hui nous mobiliser tous, c’est le combat principal contre la droite, c’est l’enjeu de l’échéance de 2007. Je n’ai pas d’adversaires, plus d’adversaires au sein du Parti socialiste, je ne vais pas gagner des batailles contre d’autres socialistes, c’est contre la droite ensemble qu’il faut maintenant partir en mouvement, pour aller jusqu’à la conquête en 2007. Voilà le temps venu de nous adresser aux Français, de leur redonner espoir en nous, de porter un projet et de répondre enfin à leurs problèmes.
Notre congrès du Mans se tient à un moment exceptionnel. La France vient de vivre une crise d’une immense gravité. Trois semaines d’émeutes urbaines, 10 000 voitures brûlées, des écoles saccagées, des agents publics agressés, 3 000 jeunes interpellés, beaucoup condamnés, bref, un immense gâchis qui révèle l’état de notre société, les ratés de notre modèle républicain, mais aussi l’échec de la droite.
Et permettez-moi de commencer par là, non par esprit de système, mais par lucidité, car tout de même, qui a supprimé les emplois jeunes de notre pays, qui a démantelé la police de proximité, qui a réduit les subventions aux associations, qui a renoncé à la prévention ? La droite. Qui a abandonné les services publics, qui a renoncé à la priorité pour l’école, qui a surchargé les collectivités locales même les plus pauvres, qui a troqué la laïcité républicaine contre le communautarisme électoral ? La droite. Qui a allumé les mèches par ses provocations verbales ? Qui a même récidivé, comme par bravade, par foucade, et sans doute par calcul ? Car l’échec de l’UMP, et c’est bien ce qui doit aujourd’hui nous interpeller, est aussi une opportunité pour elle de choisir son terrain, pour la prochaine confrontation, de trouver son registre dans les thématiques de l’extrême droite, où l’on accuse maintenant les enfants de polygames d’être les fauteurs de troubles dans les banlieues, où l’on met en cause le regroupement familial, où l’on pointe l’immigré comme le responsable de l’insécurité. Et l’on ressort le complot islamiste pour expliquer ce qui s’est produit. Hélas, la droite crée le désordre social pour incarner l’ordre public, alors qu’elle ne parvient même pas à faire respecter l’autorité de l’État.
Qu’aurait-elle dit si ces émeutes s’étaient produites avec un gouvernement de gauche ? Le laxisme aurait été dénoncé, les responsabilités pointées, les démissions exigées. Il est possible même que le président de la République, celui-là, serait même intervenu plus tôt à la télévision pour dénoncer la situation. C’est possible, c’est certain.
Mais nous ne pouvons pas le savoir parce que, quand même, il faut le dire, quand nous étions, nous, aux responsabilités, il n’y a jamais eu d’émeutes urbaines pendant trois semaines, jamais eu ces violences, ces déchaînés attaquant les services publics et notamment les écoles saccagées, non pas qu’il n’y avait pas de crise, mais elle n’avait pas pris cette intensité. La poudrière, comme l’a dit Claude Dilain, le maire de Clichy-sous-Bois, n’avait pas explosé, même si, sans doute, était-elle déjà présente.
Ce serait en effet trop simple que de laisser penser que cette crise n’aurait qu’un caractère conjoncturel, qu’elle ne tiendrait qu’à une maladresse, qu’à un cortège de mauvaises décisions ; c’est plus grave. Cette crise, elle est l’accumulation de choix collectifs. C’est une politique urbaine inhumaine, qui entasse les mêmes populations dans les mêmes quartiers, qui maintient des jeunes sans formation, sans qualification, qui propose une politique éducative uniforme, qui met les emplois en dehors des quartiers populaires. Bref, nous avons aussi notre part dans ces choix collectifs et nous devons les assumer.
Mais notre société est devenue discriminatoire. Aux inégalités sociales que vivent les habitants de ces quartiers, se sont ajoutées des discriminations dont ils sont victimes, pour l’accès à la formation, à l’emploi, au logement, aux loisirs, pour l’accès même à la citoyenneté. Ils sont à la fois pauvres et différents, double fatalité qui pèse sur eux.
Ce n’est pas simplement une crise sociale que notre pays traverse, mais une crise démocratique. Autant un problème de budget, de priorités, qu’une question de sens, car les jeunes de ces quartiers ne vivent pas simplement une condition économique défavorisée, et c’est le cas, avec le chômage, la précarité, les faibles revenus, mais une condition humaine de relégués dans des cités devenues des ghettos.
Cela n’excuse pas les violences, d’autant moins qu’elles frappent les biens individuels de ceux qui vivent dans ces quartiers et les biens collectifs prévus pour leur famille.
La République ne peut accepter le manquement à la loi, l’atteinte aux biens et aux personnes, et la mise en cause de ses symboles. Je pense notamment aux écoles, encore faut-il que la République elle-même réponde à ses promesses d’égalité et de fraternité. Or elle apparaît, cette République que nous chérissons tant, sur notre territoire, comme une devise à éclipses, comme une ligne en pointillés, comme un cadre éclaté. Où est la République quand l’école ne retient pas ses élèves, quand il y a 20 000 ou 30 000 déscolarisés ? Où est la République quand des jeunes ne sont pas conduits à un diplôme ? Où est la République quand le taux d’échec scolaire dans ces quartiers est trois fois supérieur à la moyenne nationale ?
Où est la République quand l’université, de rêve longtemps inaccessible, devient une réalité sans débouchés, faute de moyens, faute d’encadrement, faute de véritable orientation ?
Où est la République quand le droit du travail se réduit, au mieux, à la précarité, à l’intérim, et au pire, au désoeuvrement et au trafic ? Où est la République quand il devient impossible de sortir de son quartier pour y trouver un logement, et quand les centres villes installent de nouvelles frontières, de nouveaux barrages, avec les banlieues.
Où est la République quand les parents ne peuvent voter aux élections locales, et quand les enfants ne peuvent s’y faire élire ?
Où est la République quand on ferme purement et simplement la porte à ces hommes et à ces femmes des plus hautes assemblées représentatives de la Nation ?
On a cherché vainement, chers camarades, les députés issus de l’immigration. On ne les a pas trouvés.
Il y avait bien un ministre, il n’a pas été sans courage face à son collègue de l’Intérieur, mais il est apparu pour ce qu’il était, un symbole. Oui, un symbole de solitude et nous en portons nous aussi la responsabilité.
Le suffrage universel, en France, existe depuis 1945. Mais il n’existe toujours pas de fonctions électives universelles dans la République puisque certains n’y ont toujours pas accès aujourd’hui.
L’un de nous disait que le bulletin de vote a peut-être perdu lui aussi du pouvoir d’achat. Sans doute. Mais il reste l’instrument du changement, le moyen de renverser la donne, de briser la fatalité. À nous de rendre ce bulletin de vote utile, à nous de rendre la politique crédible, à nous de le montrer chaque jour sûrement avec nos maires, avec nos élus.
Et je dois dire, pour garder peut-être une image de notre congrès, que l’intervention de Claude Dilain a été pour nous tous un élément à la fois de fierté et d’interrogation. Merci à tous les maires socialistes d’avoir fait votre travail, merci aux élus des Départements, des Régions d’avoir assumé votre tâche.
Mais cela ne peut pas suffire. Nous ne sommes pas là simplement pour être disponibles, pour éviter les incendies, pour amortir les chocs. Nous aspirons à gouverner, alors engageons-nous. Nous proposons, à travers la résolution qui va vous être distribuée au terme de ce congrès, nous proposons une loi de programmation pour les quartiers.
Il faut maintenant garantir un engagement durable de l’État, fournir un effort massif de la Nation, autant en direction des habitants que des territoires. Cette loi engagera des moyens financiers à hauteur de 1 % de la richesse nationale par an. L’exécution de cette loi sera vérifiée par la tenue d’une conférence annuelle rassemblant les élus locaux, les services publics, les associations, les travailleurs de terrain. Et ces associations ne peuvent plus être considérées comme les seuls intermédiaires pour régler la crise. Ce sont d’abord les politiques publiques qui doivent intervenir. La seconde priorité que nous mettons, c’est celle pour l’éducation. Nous nous engageons donc à ramener les effectifs à quinze par classe dans les établissements qui sont dans ces quartiers.
Nous nous engageons à créer un service public de l’accompagnement scolaire dans ces villes, nous nous engageons à nous mobiliser pour une obligation scolaire à 16 ans, mais une obligation scolaire qui permette une formation, une qualification, une ouverture. Nous reviendrons bien sûr sur la décision d’ouvrir l’apprentissage dès 14. Nous ne pouvons pas l’accepter, faut-il encore que tous les enfants de moins de 16 ans soient dans l’école, oui dans l’école, et pas simplement pour attendre mais pour en recevoir la formation qu’ils espèrent et qui ne doit pas les désespérer.
La troisième priorité, c’est une mobilisation pour l’emploi et une lutte résolue contre les discriminations : rétablissement immédiat des emplois jeunes, volontarisme républicain fondé sur des critères sociaux et en aucun cas ethniques pour assurer la promotion des jeunes des quartiers populaires, permettre leur accès aux universités, aux grandes écoles de la République et à la fonction publique de l’État et des territoires. Renforcement des clauses d’insertion dans tous les appels d’offres publics. Et, enfin, rappel au patronat de sa responsabilité sociale à travers des obligations qui seront faites aux entreprises en matière d’embauche de salariés habitant dans les quartiers populaires.
Le quatrième engagement, c’est bien sûr de permettre une meilleure répartition de l’effort de construction de logements sociaux en faisant en sorte que les pénalités soient réellement dissuasives lorsque des maires ne respectent pas la loi SRU et en faisant en sorte que les maires et les communes qui, en revanche, ne la respectent reçoivent des subventions supplémentaires. On n’est pas simplement là pour pénaliser, on est aussi là pour favoriser, aider, soutenir.
Et puis, chers camarades, allons jusqu’au bout dans cet engagement, changeons la fiscalité locale pour que l’impôt local soit fonction du revenu et qu’à partir de là ce ne soit pas les plus pauvres qui souvent paient la charge la plus élevée comme contribuables quand on accorde des baisses d’impôt aux plus riches.
Répartissons différemment les dotations de l’État sur le territoire parce que c’est insupportable cette péréquation à rebours des intérêts de la population. Comment imaginer que les communes riches puissent encore recevoir des dotations de l’État quand dans trop de communes, pas forcément d’ailleurs dans ces quartiers, il y a une insuffisance de soutien de la part de l’État ? Il faudra changer les règles, cela coûtera sans doute y compris des communes socialistes, mais cela ne coûtera pas à la République, cela l’enrichira et cela donnera aux élus les moyens d’agir et de changer.
C’est pourquoi je veux, à travers ce plan, démontrer que la gauche est plus crédible pour la tranquillité et la sécurité publique que la droite. Ne laissons pas s’installer cette fausse idée qui nous a fait tant de mal dans le passé, qu’il faudrait finalement consentir au moins à la droite cet avantage : elle serait plus ferme quand la gauche serait supposée laxiste. Mais rien n’est plus faux, l’ordre public ne peut reposer sur le désarroi social et que ce qui fait la force de la gauche, c’est de démontrer que la justice sociale est un facteur de stabilité et de paix civile, qu’il n’empêche pas bien sûr le respect de la loi, qu’il exige même, qui demande à la police d’être là, oui, toujours là, et pas simplement lorsqu’il y a émeutes ou violence. Nous voulons une police présente, une police proche et pas des brigades anti-criminalité qui viennent pour rétablir l’ordre pour quelques minutes, mais jamais pour très longtemps.
Voilà, pourquoi sur ces sujets nous devons être à l’offensive.
Plus largement, nous avons voulu faire du congrès du Mans un congrès utile pour les Français. Qu’attendent-ils de nous ? Une opposition forte à la droite ? Sûrement. Un projet audacieux et crédible ? Assurément et le plus tôt possible. Et une confiance dans la politique et dans le Parti socialiste.
Je vais reprendre ces trois points pour clôturer notre congrès.
Oui, il faut marquer notre opposition à la droite. Dans l’histoire de la République, la gauche, chaque fois qu’elle s’est située dans l’opposition, et cela lui est arrivé plus souvent qu’à l’ordinaire, s’est toujours convaincue qu’elle faisait face à la droite la plus réactionnaire jusque-là rencontrée. Mais aujourd’hui il s’agit peut-être d’autre chose. C’est vrai que les conservateurs ne déçoivent jamais. Ils vont toujours au-delà de ce que l’on peut craindre d’eux. Je ne voudrais pas relativiser la dureté des combats passés, c’était dur sans doute de mener la bataille contre la politique de de Gaulle et de Pompidou, c’était sans doute difficile de lutter contre la politique de Giscard et de Barre, et chacun a en mémoire aussi plus récemment les politiques économiques de Balladur ou de Juppé. Oui, elles étaient bien réactionnaires, bien conservatrices, bien libérales.
Mais aujourd’hui c’est autre chose car, en trois ans et demi, la droite aura mis l’économie française en faillite, la cohésion sociale en miettes, le modèle républicain en procès et les institutions en crise. C’est beaucoup, convenons-en. Ils s’y sont mis d’ailleurs à deux Premiers ministres et à un président de la République.
Mais c’est beaucoup sans doute encore plus que les Français eux-mêmes, et même ceux qui sont en colère l’imaginent. C’est grave car les conditions mêmes de l’alternance peuvent s’en trouver obérées. C’est exceptionnel parce que la France en est la première victime et que la crise de confiance ne frappe pas simplement les auteurs de cette politique, mais la République et la démocratie. Autour de la mise en cause de ce qu’on appelle le modèle français, là est le danger. L’échec de la droite est ainsi mis au service de son objectif. Plus elle échoue, plus elle met en cause sa cible, le démantèlement de l’État et des droits fondamentaux. Et c’est pourquoi, et c’est notre rôle de le faire, il faut revenir sans cesse à sa responsabilité.
Oui, la droite a mis l’économie en faillite, et je ne me livre pas là à une facilité verbale pour cause de congrès. Non seulement la croissance s’est affaissée, mais l’investissement privé stagne depuis 2002, le pouvoir d’achat est anémié. Elle n’a pas réussi simplement à diminuer la demande, faute de consommation, malgré des baisses d’impôts aux plus favorisés, elle a aussi diminué l’offre productive et malgré l’emploi des allégements de cotisations sociales accordées aux entreprises.
Dès lors, l’échec est à la fois économique et social. Le chômage reste autour de 10 % de la population active et les diminutions récentes ne trompent personne puisqu’elles sont dues essentiellement aux emplois aidés, cent mille depuis le début de l’année, aux radiations et aux stages. Et avec 15,5 millions de salariés aujourd’hui, le secteur privé n’a toujours pas retrouvé le niveau d’emploi de 2002. Ce qui veut dire quoi ? Que depuis trois ans et demi la droite n’a créé aucun emploi supplémentaire quand la gauche, de 1997 à 2002, avec Lionel Jospin, en avait créé 2 millions.
Voilà la faillite de la politique de la droite !
Mais elle est aussi financière : le déficit de l’État qui est supérieur à 3 % de la richesse nationale depuis 2002 conduit le gouvernement non pas simplement, à se défausser sur les collectivités locales, mais à privatiser les autoroutes, EDF, GDF, non même plus pour toucher le produit de ces privatisations, mais pour hériter de soultes que versent les entreprises pour payer les retraites de ces agents dans quelques années.
Ainsi le déficit est aujourd’hui considéré comme excessif par les autorités de Bruxelles, l’endettement public atteint des niveaux records, sans doute 70 % de la richesse nationale à la fin de la législature, et pour autant le gouvernement continue ses baisses d’impôts. Comment comprendre ?
Les diminutions d’impôt aujourd’hui ne sont pas simplement injustes socialement, inefficaces économiquement, mais absurdes budgétairement parce que financées par emprunt puisqu’il y a déficit structurel. Pour accorder des cadeaux aux riches, le Trésor public emprunte sur les marchés. Et qui paiera ? Les générations présentes, mais aussi les générations futures.
Voilà ce qu’est une faillite.
Le déficit de la Sécurité sociale atteint des niveaux records, 12 milliards d’euros pour l’assurance maladie, l’UNEDIC ne peut plus boucler ses fins de mois, l’ensemble des régimes sociaux fonctionne à crédit.
Et que dire du commerce extérieur ? Son déficit atteint un niveau historique. On ne sait pas si ce cela va être 25 ou 30 milliards d’euros. Ce qui veut dire quoi ? Que la compétitivité des entreprises s’est dégradée depuis trois ans et demi révèle cette vérité cruelle : le gouvernement ne défend pas les entreprises, il défend simplement les actionnaires.
Une droite incapable, incompétente, impuissante, ne dites jamais, ne laissez jamais dire que la droite sait gérer l’économie française, et pire même, comme un bon père de famille. Or avec des bons pères de familles comme cela, on préfère encore être orphelin.
En trois ans et demi, la droite aura mis la cohésion sociale en miettes, la précarité est devenue la règle, la stabilité l’exception. Droit du travail avec le contrat nouvelle embauche qui n’a créé aucun emploi supplémentaire, qui s’est substitué au contrat à durée indéterminée, comme nous l’avions annoncé. Et puis la fin des 35 heures, les stages non payés, et les règles de négociation collective mises en cause.
Sur la protection sociale, les régimes de retraite qui ont été réformés, c’est-à-dire en fait les régimes de répartition qui ont été mis en cause, la capitalisation installée. L’assurance maladie, où c’est maintenant la responsabilité individuelle qui est la règle, avec 1 € par consultation, 15 € de forfait hospitalier, et maintenant ce forfait de 18 € sur les actes lourds. Et l’on nous dit que ce serait indifférent pour les assurés sociaux, que ce serait payé par les mutuelles et par les assurances complémentaires, mais qui sont donc ceux qui paient les mutuelles et les assurances complémentaires dans notre pays ?
Cohésion sociale en miettes avec une politique fiscale à rebours, là encore des principes d’égalité, un bouclier fiscal pour alléger l’impôt sur la fortune sans le dire, et une baisse de l’impôt sur le revenu, 4 MM€. Certes, au-delà de 2007, on a d’ici là encore un moyen de sauver l’équilibre fiscal ! Et je pense que les Français l’utiliseront. Mais 4 MM€ pour qui ? Pour les plus malheureux, pour les plus nécessiteux ? Non, pour les plus riches, parce que pour le gouvernement, les plus nécessiteux, ce sont les plus riches.
Enfin, la droite aura mis ce modèle républicain en procès. La faiblesse de l’État sert de prétexte au dévoiement de la décentralisation, les insuffisances de l’école pour justifier sa marchandisation, le poids de l’impôt, notamment pour démanteler la progressivité, l’endettement des entreprises pour permettre leur privatisation. Et encore récemment, la persistance de la violence, de l’insécurité, pour recourir à des lois d’exception.
Je l’ai dit, tous les échecs de la droite deviennent des opportunités pour saper les fondements même de l’État républicain et les principes de l’État Providence.
Cohésion sociale en miettes, modèle républicain en crise et institutions en déroute, la droite a érigé l’irresponsabilité en principe.
Le président de la République décide de tout, mais n’est engagé par rien. Il tient son mandat directement du peuple, mais ne tient aucun compte de son expression, ni aux élections régionales, ni aux élections européennes, ni même lors du référendum du 29 mai.
Il promet, comme un candidat, mais n’agit jamais comme un président. Et que dire que son statut pénal qui devait être réformé la première année de son second mandat, et qui n’est toujours pas voté, et qui sans doute ne le sera jamais, en tout cas sous cette législature.
Ce système d’irresponsabilité a touché tout l’Exécutif. Le Premier ministre, qui veut apparaître comme un homme neuf, nous dit-on, alors qu’il est depuis dix ans associé à toutes les décisions de Jacques Chirac. Il prétend agir au nom de l’intérêt général, et il ne fait que céder aux intérêts particuliers. Il retrouve les accents du patriotisme économique, mais il brade le capital public, avec les autoroutes ou les entreprises d’énergie.
Il n’est pas élu, il en tire même fierté, mais j’ai cru comprendre qu’il était aussi candidat, d’où cette compétition qui s’est engagée avec son ministre de l’Intérieur au sommet de l’Etat.
Quant à Nicolas Sarkozy lui-même, c’est le champion de l’irresponsabilité. Ministre de l’Intérieur, il aura connu la plus grande explosion de violence de notre histoire récente, et il voudrait s’ériger champion de la lutte contre l’insécurité.
Ministre des Finances quelques mois, il aura mis la croissance en berne et les déficits en hausse. Il arrive même à faire oublier qu’il est aussi président de l’UMP, on l’avait deviné, président du Conseil général, il l’est encore, des Hauts-de-Seine, et candidat à l’élection présidentielle, il l’est toujours, tout le temps.
Mais c’est surtout un ministre de lui-même, ce n’est pas un ministre de l’Intérieur. Il nous dit qu’il parle comme tout le monde, mais le rôle d’un ministre, surtout de l’Intérieur, n’est pas de parler comme tout le monde, c’est de parler pour tout le monde.
Mais il est tellement obsédé par lui-même, par sa candidature, par sa campagne, qu’il est un agent de sa propre propagande, une propagande néanmoins et, je le dis avec gravité, aux frais de l’État. Chaque fois qu’il se déplace, se déplace-t-il comme président de l’UMP ? Comme ministre de l’Intérieur ? Comme candidat à l’élection présidentielle ? Où en est-on ?
N’acceptons plus cette confusion des genres. Exigeons cette séparation essentielle en République des pouvoirs et des rôles.
Ainsi va notre République sous la droite, victime des comportements de ceux qui devraient la préserver. République accusée de fautes commises par ses propres occupants, République utilisée comme un bouclier pour protéger un pouvoir qui échoue.
Eh bien, je vous le dis, en 2007 il sera nécessaire de rompre avec le chiraquisme dans toute sa dimension, pas simplement avec l’homme, mais avec sa politique, avec ses pratiques, avec ce système. Oui, il faut rompre avec le chiraquisme qui a gangrené d’une certaine manière l’usage qu’on devait faire de la République. 2007, de ce point de vue, sera une rupture nécessaire indispensable.
Mes chers camarades, il nous faut aussi, et c’est l’objet de ce congrès, offrir une alternative, nous retrouver sur le projet, nous l’avons fait, changer le monde avons-nous dit. La mondialisation, elle est là et nous n’avons pas décidé, même par un vote de congrès, d’en sortir. Qui le croirait ? Mais la mondialisation n’est pas une fatalité. Ce n’est pas un ordre immuable, un libéralisme irréversible. Elle doit être dominée par la politique à l’échelle internationale, c’est elle qui décide autour des principes de droit, de la régulation, du partage.
Et donc, pour nous, le droit, c’est d’abord les institutions internationales, l’ONU. La régulation, c’est ce que nous proposons, un Conseil de sécurité économique avec des normes sociales, environnementales, publiques qui permettent justement de dominer le marché. Et le partage, qui pour nous est une obligation, c’est d’abord l’annulation de la dette des pays les plus pauvres. Première condition.
C’est une autre organisation des marchés, deuxième condition.
C’est aussi une mise en cause de la politique agricole commune telle qu’elle est aujourd’hui. Et moi je ne me désole pas de voir le Président de la République s’arc-bouter toujours sur les mêmes outils de politique agricole qui mettent le Tiers Monde, et notamment l’Afrique, dans une situation de désolation.
Et puis il nous faut, si nous croyons à cette belle idée de changer le monde, alors être exigeant à l’égard de l’Internationale socialiste présente ici. Nous voulons une grande organisation, nous voulons un parti à l’échelle du monde, et nous en sommes loin. À nous de porter cette volonté, à nous de faire avec les socialistes ici présents de cette Internationale socialiste une vraie alter mondialisation, mais cela dépendra aussi de nous, à condition de considérer, nous socialistes français, que les socialistes d’autres pays peuvent nous apporter leur expérience, leur crédit, leur confiance.
Changer le monde, changer l’Europe. L’Europe fait partie, et nous l’avons tous dit, de notre idéal socialiste, même si l’idéal socialiste ne se réduit pas à l’Europe. Et nul ne peut se réjouir ici, qu’il ait voté oui ou qu’il ait voté non, de l’état de l’Union européenne : pas de Constitution, nous étions pour une Constitution ; pas de budget ; pas de projet ; pas de frontières reconnues ; mais revanche que de projets de directives libérales, de dérégulations, de privatisations, de déréglementation. Voilà l’Europe telle qu’elle est, une Europe en panne. Et la crise jusqu’à présent n’a rien eu de salutaire. Depuis le 29 mai, c’est vrai, le Traité constitutionnel n’est plus.
En d’autres termes, quand on dit qu’il n’est plus, c’est qu’il est mort. C’est la conséquence du vote est intervenu en France et nous, socialistes, respectons le vote populaire. C’est notre devoir premier de républicains, comme nous respectons, je le sais, le vote militant parce que c’est notre devoir de socialistes.
Alors, comment sortir, de cette Europe en panne ? Ce n’est pas la droite qui y parviendra, parce que fondamentalement la droite européenne, et la droite française en particulier, n’est plus favorable à l’intégration européenne. C’est le fait nouveau de ces dernières années. Très longtemps la démocratie chrétienne dans toutes ses formes, y compris les plus dévoyées, était pour la construction européenne. Aujourd’hui les droites à l’échelle européenne ont ce qu’elles veulent : le marché. Et rien que le marché. Ils ont réussi même, ces conservateurs, à se débarrasser du fardeau institutionnel, et ils sont lancés dans un élargissement sans fin pour faire perdre à l’Union européenne, justement, sa dynamique politique. Alors, si la droite ne peut pas changer l’Europe, c’est à la gauche, et seulement à la gauche, avec tous ceux qui voudront bien l’accompagner, de trouver les clés pour une relance de l’Europe.
La gauche, je le dis, européenne, pas seulement la gauche française, parce que l’Europe, pas plus que le socialisme, ne se fait dans un seul pays. On voudrait bien, nous, et on l’a montré ici, que l’Europe soit aux couleurs de la France, non pas simplement de la France, aux couleurs du socialisme français, là encore, pas simplement aux couleurs du socialisme français, parfois aux couleurs d’une sensibilité socialiste particulière.
Et puis, quand on n’y arrive pas, on voudrait amasser d’autres apports, d’autres conforts, eh bien non ! On fera l’Europe, désolé de vous l’avouer tout à trac, avec les Européens, et je veux faire l’Europe avec les progressistes d’Europe, avec tous les progressistes.
Mais aujourd’hui, il va falloir procéder par étapes. Et je vous le dis tout net, il serait aujourd’hui incompréhensible de reprendre la démarche institutionnelle sans qu’on ait réglé les autres questions de la construction européenne. Cela ne peut être que la conclusion d’une relance qui doit commencer d’abord par la croissance et par l’emploi, et c’est là que nous nous sommes retrouvés hier, en accord, tous ensemble, pour dire d’abord un gouvernement économique, face à une Banque centrale européenne, dont on doit maintenant s’assurer que son objectif, c’est le plein emploi, et pas simplement la lutte contre l’inflation, c’est fait.
On doit faire en sorte que les objectifs de l’Europe économique, ce soit la recherche, la formation, la qualification, et ne laissons pas simplement Tony Blair tenir ce discours, sans d’ailleurs mettre le moindre euro, qu’il n’a pas dans son propre pays, le moindre euro au service de cette noble cause. Oui, il faut d’abord faire l’Europe de l’emploi, il faut d’abord faire l’Europe sociale, à travers des protections, oui, des protections, permettant de lutter contre des formes de délocalisation insupportables, permettant de faire des harmonisations fiscales dans la zone euro, parce qu’il va bien falloir partir de la zone euro si nous voulons faire cela. Nous n’avons pas fait simplement une monnaie unique pour que les marchés puissent s’organiser mieux. Nous avions l’espoir avec François Mitterrand, avec Pierre Bérégovoy, avec Jacques Delors, nous avions l’espoir, pas l’illusion, le rêve qui n’était pas une chimère, de faire que l’euro soit l’amorce d’une construction politique d’un espace cohérent. Eh bien, faisons-le, faisons cette Europe-là, faisons cette Europe qui permette l’harmonisation des politiques.
Il faudra ensuite porter le budget européen à un niveau compatible avec nos objectifs. et c’était presque une plaisanterie de voir la discussion qui s’engage : est-ce cela va faire 1,02 ou 1,12 de la richesse européenne, que l’on va consacrer au budget de l’Union ? Eh bien nous, nous affirmons, tous ensemble, c’est 2% de la richesse européenne qu’il faut consacrer à l’Union européenne. On est Européen pour 2%, ce n’est quand même pas si ambitieux, que nous ne pourrions pas y parvenir.
Et moi, je suis d’accord avec ceux qui ont dit qu’il faut recourir à l’emprunt, si l’on veut financer les investissements de demain en Europe pour la recherche, pour la technologie, pour les infrastructures, pour la diversification énergétique.
Et c’est après, une fois qu’on aura déjà fait tout cela et davantage, qu’on pourra reparler d’institutions et porter ensemble avec les socialistes européens, les Verts et la gauche européenne toute entière, un nouveau traité, avec une démarche démocratique pour son élaboration, avec des frontières reconnues pour éviter que d’autres polémiques viennent interférer.
Et puis si nous pouvions avoir ce futur traité élaboré démocratiquement, nous le ferions ratifier dans tous les pays, le même jour, et par les mêmes procédures, cela aurait quand même un autre sens, un autre engagement pour l’Europe !
15 décembre 2005 dans Congrès du Mans | Lien permanent | Commentaires (0)
Déclaration de principe
Le Parti socialiste se fixe comme objectif l’émergence, par la voie démocratique, d’une société qui réponde aux aspirations fondamentales de la personne humaine telles que les ont définies des siècles de luttes pour le progrès et que les expriment aujourd’hui tous les peuples : la liberté, I’égalité et la dignité des hommes et des femmes, le bien-être, la responsabilité et la solidarité.
Parti de rassemblement, il met le réformisme au service des espérances révolutionnaires. Il s’inscrit ainsi dans la démarche historique du socialisme démocratique. Alors que les sciences et les techniques ouvrent de nouveaux espaces de liberté et de créativité mais peuvent aussi détruire ou pervertir toute forme de vie, le Parti socialiste agit pour qu’elles bénéficient aux hommes et aux femmes.
Le Parti socialiste est un parti de transformation sociale. La faillite des sociétés bureaucratiques ne lui fait pas oublier que le capitalisme développe les inégalités, accentue les déséquilibres mondiaux, exploite les richesses du Tiers-monde et maintient dans de nombreux pays chômage et exclusions. Le Parti socialiste est donc favorable à une société d’économie mixte qui, sans méconnaître les règles du marché, fournisse à la puissance publique et aux acteurs sociaux les moyens de réaliser des objectifs conformes à l’intérêt général. Il agit pour son dépassement par de nouvelles formes d’organisation économique et sociale donnant aux salariés une véritable citoyenneté dans l’entreprise. Dans les secteurs clés qui déterminent la formation du citoyen (I’école, I’université, la télévision), les conditions de vie (logement, santé, environnement), il n’accepte pas que les logiques du marché soient seules déterminantes. Un service public fort, I’aménagement du territoire, la planification, la politique budgétaire et fiscale doivent permettre démocratiquement aux citoyens de dégager les grandes priorités nationales.
Le Parti socialiste est un parti démocratique. Il fonde son action et son projet sur le respect des Droits de l’homme et du citoyen dans le cadre d’un état de droit reposant sur le suffrage universel et le pluralisme. Il affirme que toutes les libertés sont liées : leur plein exercice, sur les plans politique, économique, social et culturel, est la condition de l’épanouissement et de l’approfondissement de la démocratie. Le Parti socialiste a en effet conscience de la limite des droits quand ils ne sont pas accompagnés des conditions concrètes susceptibles d’en permettre la réalisation. L’histoire a tranché : le combat pour la liberté est indissociable de celui pour l’égalité.
Le Parti socialiste est un parti ancré dans le monde du travail. Les mutations incessantes et profondes des sociétés contemporaines n’ont pas éliminé les oppositions des classes et groupes sociaux. C’est pourquoi, si les socialistes participent au combat pour le progrès de toute la société, ils sont particulièrement attentifs aux intérêts des salariés et au développement de toutes leurs capacités d’action.
Le Parti socialiste est fermement attaché à la liberté de conscience et à la laïcité de l’Etat et de l’école. Il estime que l’accès à l’information et à la culture est une condition essentielle de la démocratie. C’est pourquoi l’indépendance de la création et de la communication à l’égard du pouvoir politique et du pouvoir financier est indispensable. Il affirme l’égalité de tous les citoyens et récuse toute mesure discriminatoire fondée sur le sexe, la race, les convictions philosophiques ou religieuses, les choix de vie personnels. Il se donne pour vocation de favoriser l’intégration et l’adhésion aux valeurs de la République de tous ceux qui résident sur notre sol. Les socialistes considèrent comme un acquis majeur les droits et les libertés que les femmes ont conquis. Ils continuent de lutter pour éliminer les discriminations qui subsistent. Notre parti met en œuvre au travers de ses statuts, dans ses structures et dans sa pratique, une égalité de plus en plus réelle entre adhérents et adhérentes.
Parce qu’il n’y a pas d’hommes et de femmes libres dans une nation asservie ou sujette, parce que tous les problèmes majeurs sont devenus mondiaux, I’action du Parti socialiste s’inscrit dans un cadre national et international. Dans l’ordre international, le Parti socialiste condamne toute exploitation d’un peuple par un autre et soutient le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ; il lutte pour un développement économique respectant l’environnement et les équilibres naturels de la planète. Le Parti socialiste fait le choix de l’Europe pour donner aux nations qui la composent les moyens d’affronter les défis de l’avenir. La communauté européenne, à condition quelle ne se réduise pas à un simple marché, en sera un élément moteur. Les socialistes s’attachent à accélérer la construction européenne dans toutes ses dimensions : politique, économique et sociale. Parti de paix, le parti socialiste a toujours lutté contre la logique des blocs, il œuvre pour l’instauration de nouveaux rapports mondiaux, il agit pour le développement du Tiers-monde, pour un désarmement général équilibré.
Le Parti socialiste attend de ceux qui le représentent à tous les niveaux de responsabilité qu’ils s’inspirent dans leurs décisions et dans leurs actes de ces principes. Dans le monde entier, I’idéal socialiste s’est emparé de l’imagination des peuples. Il inspire de grands mouvements politiques ; il est notre espoir à l’aube du XXIe siècle.
15 décembre 2005 dans Déclaration de principe | Lien permanent | Commentaires (0)
Définition courte
De façon très synthétique, un "blog" (ou "weblog") est un site Web personnel composé essentiellement d'actualités (ou "billets"), publiées au fil de l'eau et apparaissant selon un ordre ante-chronologique (les plus récentes en haut de page), susceptibles d'être commentées par les lecteurs et le plus souvent enrichies de liens externes.
Définition plus détaillée
Historiquement, les premiers blogs se composaient de listes de liens commentées. Puis apparurent divers sortes de "journaux personnels" publiés sur le Web. Créés par de "simples" internautes, ils se composaient d'entrées rédigées au gré des humeurs, faisant parfois état de la vie privée de leurs auteurs, ou des réactions de ceux-ci à leur environnement (découverte de nouveaux sites, réflexions sur l'actualité internationale ou sur l'évolution d'Internet, coups de gueule...).
Le concept s'est ensuite élargi et on trouve aujourd'hui des blogs de toutes natures.
Certains sont très proches de la notion de "journaux intimes", parfois illustrés de photos, et ne parlent que de la vie - parfois privée - de leurs auteurs. D'autres sont de simples successions quotidiennes de liens externes choisis, avec peu ou prou de commentaires. D'autres encore, au contraire, racontent au fil des jours de longues histoires, avec peu de liens externes. Beaucoup permettent de réagir au contenu publié, et même à chaque billet publié, créant une sorte de forum permanent et multi-thématique.
Beaucoup de blogs sont thématiques, notamment aux Etats-Unis, et consacrés à des sujet précis, parfois controversés, parfois très pointus. Souvent publiés à titre de "hobby" par des spécialistes (experts techniques, avocats, enseignants...), ils alternent données factuelles, actualités piochées sur le Web et prises de position et constituent parfois de véritables magazines unipersonnels.
Dans cette incroyable diversité, on a parfois du mal aujourd'hui à définir où s'arrêtent les limites des blogs. On peut toutefois considérer qu'ils ont en commun :
Au final, il faut comprendre qu'un blog est à la fois un outil (la plupart des outils de publication de blogs présentent des caractéristiques communes) et une forme d'expression (liberté de ton, diversité des sujets abordés, personnification du blog par son auteur...).
Le "blogging" en tant que "phénomène de masse"
Au fil des ans, les blogs ont pris une ampleur considérable, amenant les observateurs à considérer qu'il s'agit d'un phénomène de masse - et non d'une simple mode passagère.
Selon les estimations, on compterait aujourd'hui plusieurs millions - ou dizaines de millions - de blogs dans le monde. Les principaux moteurs de recherche dédiés, qui parcourent le Web pour y découvrir des blogs, en recensent entre 8 et 10 millions (en mars 2005). Ce total est toutefois imprécis : on sait d'une part que certaines grosses communautés de blogs ne sont pas incluses dans cette indexation (pour des raisons techniques) et il est difficile d'autre part d'estimer dans ce total le nombre de blogs réellement actifs. Le blog est également utilisé au sein des entreprises comme outil de communication interne. Protégé par mot de passe ou accessible uniquement par l'Intranet de la société, ce type de blogs échappe aux statistiques.
On peut toutefois admettre qu'il existe de nombreux blogs, partout dans le monde et que, dans une large mesure, ces sites remplacent les "pages perso" des communautés de type Geocities ou Multimania qui ont largement "démocratisé" le Web au début des années 1990. Mais contrairement aux pages perso, un blog est particulièrement simple et facile à créer et mettre à jour. Il peut l'être en quelques minutes, sans aucune connaissance technique.
En outre, le type et la variété des blogs existants confortent l'opinion selon laquelle ils constituent une nouvelle étape dans le développement d'Internet. De l'adolescent à l'élu politique, du journaliste à la ménagère au foyer, les blogueurs ne constituent pas tant une "espèce à part" que l'ensemble des internautes ayant décidé de s'exprimer dans un espace qui leur est propre.
Par ailleurs, certains blogs sont devenus extrêmement populaires, notamment aux Etats-Unis, et attirant chaque jour plusieurs centaines de milliers de visiteurs. A ce titre, ils constituent à n'en pas douter un nouveau média d'information, libre et incisif, et incitent les observateurs à étudier les conséquences de cette nouvelle forme d'expression publique.
http://www.pointblog.com/abc/lexique_du_blogging.htm
14 décembre 2005 dans Weblogs | Lien permanent | Commentaires (0)
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